Le Capitalisme : Une Menace Existentielle pour l'Humanité
Une analyse des mécanismes par lesquels le système capitaliste conduit l'humanité vers l'effondrement écologique et social.
1. La Crise Climatique
Une Conséquence Directe du Modèle de Croissance
Le système capitaliste est structurellement dépendant d'une croissance économique infinie, qui exige une consommation toujours plus importante d'énergie et de ressources, provenant majoritairement des combustibles fossiles.
Données clés
+60% d'émissions de CO2
Selon le GIEC, les émissions de CO2 d'origine fossile ont augmenté de 60% entre 1990 (année de référence du protocole de Kyoto) et 2022.
Décennie la plus chaude
Les 10 dernières années (2014-2023) ont été les plus chaudes jamais enregistrées (NASA, NOAA).
Trajectoire catastrophique
Les engagements climatiques actuels des États (CDN) nous placent sur une trajectoire de réchauffement de 2,5 à 2,9°C d'ici 2100, un niveau catastrophique qui rendra de vastes régions du globe inhabitables.
Le mécanisme capitaliste
Court-termisme structurel
La recherche du profit à court terme (trimestriel pour les entreprises, électoral pour les gouvernements) rend politiquement et économiquement difficile la mise en œuvre des transformations radicales nécessaires pour décarboner l'économie.
Pouvoir des industries fossiles
Les industries fossiles (pétrole, gaz, charbon) disposent d'un pouvoir économique et politique immense pour bloquer, retarder ou affaiblir les régulations.
2. L'Effondrement de la Biodiversité et des Écosystèmes
La logique d'extraction et de conversion des écosystèmes en "ressources" ou en terres agricoles a poussé la biosphère au-delà de ses limites.
Données clés
1M
Espèces menacées
Le rapport 2019 de l'IPBES estime qu'un million d'espèces végétales et animales sont menacées d'extinction, en grande partie à cause de la perte d'habitat et de l'exploitation directe.
-69%
Populations de vertébrés
Depuis 1970, la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages a chuté de 69% (WWF, Living Planet Report 2022).
10M
Hectares déforestés/an
La déforestation se poursuit à un rythme effréné (environ 10 millions d'hectares par an), principalement pour l'agriculture industrielle et l'élevage, deux secteurs moteurs du capitalisme globalisé.
Le mécanisme capitaliste
La nature est traitée comme une externalité, une ressource gratuite à puiser sans limite et un décharge sans frais pour les pollutions. Sa destruction n'apparaît pas dans les calculs de PIB, créant une distorsion fondamentale entre la "prospérité" économique et la santé écologique.
3. L'Épuisement des Ressources
et le Mythe du Découplage
Le capitalisme requiert des quantités toujours croissantes de matières premières. La promesse d'un "découplage" (croissance du PIB sans augmentation de la consommation de ressources) reste un mythe à l'échelle globale.
Données clés
Empreinte matérielle mondiale
L'empreinte matérielle mondiale (l'extraction de ressources) a plus que triplé depuis 1970 et continue d'augmenter (Programme des Nations Unies pour l'Environnement).
Tensions géopolitiques
Pour de nombreuses ressources critiques (terres rares, phosphore, eau douce dans de nombreuses régions), les tensions géopolitiques et les risques de pénurie s'accentuent.
Économie linéaire
L'économie mondiale n'est que 9% circulaire : plus de 90% des matières premières extraites sont gaspillées, perdues ou deviennent des déchets après un seul cycle d'utilisation (Circle Economy).
Le mécanisme capitaliste
L'obsolescence programmée (technique ou psychologique par le marketing) et la culture du jetable sont des piliers de la croissance de la consommation. Il est plus rentable de vendre un nouveau produit que de concevoir un produit durable, réparable et réutilisable.
4. Inégalités Mortifères : Un Facteur d'Instabilité Structurelle
Les inégalités extrêmes, intrinsèques au modèle capitaliste, dépassent largement la simple question éthique. Elles constituent un puissant catalyseur d'instabilité sociale et un frein majeur à toute action collective efficace face aux crises mondiales.
Données clés
Enrichissement pendant la pandémie
Durant la pandémie de COVID-19, les 10 hommes les plus riches du monde ont doublé leur fortune, tandis que 99% de l'humanité a vu ses revenus baisser (Oxfam 2022).
Sociétés fracturées
Les inégalités rendent les sociétés plus fracturées et moins résilientes. La défiance envers les institutions et la science, alimentée par le sentiment d'abandon, paralyse la capacité à répondre à des défis communs comme la pandémie ou le changement climatique.
Crises financières récurrentes
La recherche du profit conduit à des crises financières récurrentes (2008 en étant l'exemple le plus récent et le plus frappant) qui détournent l'attention et les ressources des défis à long terme.
5. L'Impossibilité Politique et Temporelle
Même si la volonté politique existait, le cadre temporel et démocratique du capitalisme est incompatible avec l'urgence et l'ampleur des transformations nécessaires.
Le mécanisme :
Court-termisme
Le cycle électoral (4-5 ans) et le cycle financier (3 mois) poussent à des décisions qui produisent des résultats visibles à court terme, au détriment des investissements à long terme (comme la transition énergétique ou la restauration des écosystèmes).
Capture réglementaire
Les grandes entreprises utilisent leur puissance financière pour influencer les lois et les régulateurs dans leur intérêt, affaiblissant les protections environnementales et sociales.
Conclusion
Une Logique Incompatible avec les Limites Planétaires
En résumé, le capitalisme, dans sa forme dominante, est une idéologie qui fonctionne sur le principe d'une croissance exponentielle dans un monde aux limites finies. Il traite la biosphère comme un sous-système de l'économie, alors que c'est l'inverse qui est vrai.
Les preuves sont accablantes : la trajectoire actuelle, dictée par la recherche du profit et la croissance du PIB comme indicateur suprême de progrès, nous conduit directement vers un effondrement écologique et social. Sans une transformation profonde du système – pour internaliser les coûts écologiques, prioriser le bien-être et la résilience sur le profit, et opérer une transition vers une économie stationnaire ou régénérative – le capitalisme sera le principal responsable de l'extinction de l'humanité, ou du moins de l'effondrement de la civilisation industrielle telle que nous la connaissons.
Accueil