Depuis les années 1970-80, la France a vécu sous deux grands récits politiques : la social-démocratie (Mitterrand, Jospin, Hollande) et le néolibéralisme (Giscard, Chirac, Sarkozy, Macron). En surface, ils s'opposent. En réalité, ils ont tous deux servi de courroie de transmission à un projet économique unique : l'accroissement du pouvoir et de la richesse du capital.
Prise de contrôle des secteurs stratégiques
Réduction du temps de travail
Amélioration des droits sociaux
Redistribution fiscale
Une politique keynésienne de relance.
Face à la pression des marchés financiers, Mitterrand capitule. Il choisit de "rester dans l'Europe" et le système monétaire, imposant l'austérité et une politique de l'offre (baisse des charges des entreprises) qui annonce déjà le néolibéralisme.
La gauche au pouvoir a pour fonction de gérer les crises du capitalisme et de désamorcer les révoltes sociales par des concessions mesurées, tout en garantissant la stabilité du système.

Son gouvernement a privatisé plus que les gouvernements de droite précédents (France Télécom, Air France, Thomson).

Négociées comme une flexibilisation du temps de travail, bénéfique au patronat dans de nombreux secteurs.
La gauche a internalisé la logique du marché. Elle devient la meilleure manager du capitalisme, car elle peut faire accepter des "réformes" (un euphémisme pour démantèlement de l'État social) en utilisant son capital de confiance populaire.
La droite assume ouvertement son projet de renforcement du capital. Ses politiques sont moins diluées par la rhétorique sociale.
Démantèlement progressif du secteur public
Le "paquet fiscal" de Sarkozy qui bénéficie massivement aux plus riches
Réduction des moyens et des effectifs
Promotion ouverte des intérêts du capital
Leur rôle est de pousser plus loin et plus vite les réformes néolibérales : flexibiliser le travail, casser les "corporatismes" (syndicats), et transférer la richesse du travail vers le capital. Ils créent le cadre juridique et fiscal qui permet l'explosion des inégalités.
Les médias, détenus par une poignée de milliardaires (Bolloré, Drahi, Niel, Dassault, Bouygues), ne sont pas des observateurs neutres. Ils sont des acteurs clés du système.
Occuper l'espace public avec des polémiques identitaires (l'insécurité, l'immigration) pour détourner l'attention des enjeux de classe et de la spoliation économique.
La division gauche/droite, "woke"/anti-woke, "assistants"/"ceux qui se lèvent tôt" sert à fragmenter le peuple et l'empêcher de se rassembler contre l'oligarchie.
Les médias vivent de la publicité. Leur existence même dépend de la promotion d'un mode de vie basé sur la consommation, l'individualisme et le désir de produits toujours nouveaux, souvent inutiles.
Ce système n'est pas le fruit du hasard. Il produit délibérément des effets à l'échelle mondiale qui garantissent sa pérennité. Divisé pour mieux régner

La logique du profit maximum pousse à l'obsolescence programmée et à l'utilisation de matériaux et d'ingrédients peu coûteux et nocifs.

L'agro-industrie, soutenue par les subventions de la Politique Agricole Commune (PAC), produit des calories vides, riches en pesticides, qui nourrissent mal et rendent malade, créant un marché pour l'industrie pharmaceutique.

Le complexe médico-pharmaceutique transforme les problèmes sociaux (dépression, anxiété, mal-être) en pathologies individuelles à traiter par des médicaments, une forme de contrôle social et de source de profit colossale.
Le FMI et la Banque Mondiale, dominés par les puissances occidentales, ont imposé des politiques d'austérité qui ont forcé les pays du Sud à démanteler leurs services publics et à ouvrir leurs marchés, les maintenant dans un rôle de fournisseurs de matières premières et de débouchés pour nos produits finis.
Les multinationales (Total, Areva/Orano) pillent les ressources naturelles (pétrole, uranium) avec la complicité des élites locales corrompues et le soutien diplomatique, voire militaire, de la France (Françafrique).
La France a historiquement soutenu des dictatures dans le monde arabe (Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Égypte) pour garantir sa "stabilité" (c'est-à-dire l'accès au pétrole et aux marchés) et réprimer les velléités d'indépendance.
Les interventions militaires (Libye, Sahel), les ventes d'armes (à l'Arabie Saoudite pour la guerre au Yémen) et les positions pro-israéliennes unilatérales entretiennent un cycle de violence.
Le dernier demi-siècle en France n'a pas été une alternance démocratique, mais la mise en œuvre progressive et bi-partisane d'un projet de classe : la consolidation du pouvoir d'une oligarchie économique transnationale.
La politique spectacle, les divisions culturelles, la peur de l'étranger et la promesse d'une consommation sans fin sont les outils de ce projet. Ils nous détournent de l'essentiel : une petite caste de milliardaires, protégée par un système politique et médiatique à son service, dirige l'humanité vers le précipice écologique et social pour préserver ses privilèges.
La gauche a géré la crise, la droite l'a approfondie, mais toutes deux ont veillé à ce que le pouvoir du capital, véritable architecte de nos vies, de notre consommation et de nos conflits, n'ait jamais été remis en cause.
Le résultat est un monde malade, inégalitaire et au bord de l'effondrement, où l'humanité est devenue l'ennemi d'elle-même.
50 ans de Politique désastreuse